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49ème , Lloyd n’a « aucun regret »
Lloyd disputait dimanche à Saint-Amand-les-Eaux le championnat de France professionnel sur un circuit tout plat de 18,3 km à parcourir à 14 reprises pour une distance totale de 256,2 km. La course s’est déroulée sous une pluie continue.
Grands favoris du jour avec leurs sprinteurs Arnaud Démare, champion du monde espoir l’an dernier à Copenhague et Nacer Bouhanni, lauréat du Circuit de Lorraine au mois de mai, les coureurs de la FDJ-BigMat ont cadenassé la course, annihilant toutes les tentatives d’échappée. Il a fallu attendre la mi-course pour voir la première échappée sérieuse prendre le large avec 21 coureurs dont 4 protégés de Marc Madiot et non des moindres : Sandy Casar, Pierrick Fédrigo, Arnaud Gérard et Anthony Gérard. Les coureurs d’AG2R étaient quant-à-eux représentés par Christophe Riblon et Blel Kadri. Toutefois, les choses rentreront dans l’ordre non sans que le coureur d’Europcar Kévin Réza ne tente sa chance en solitaire à moins de 100 km de l’arrivée. Puis ce fut au tour de Damien Gaudin (Europcar) et Johann Le Bon (Bretagne-Schuller) de prendre les devants. Derrière, parti en contre-attaque, un groupe de 16 coureurs au sein duquel on retrouva Lloyd, particulièrement vigilant. Mais à trente kilomètres de l’arrivée, tout restait à faire.
C’est à ce moment que Sylvain Chavanel plaça une attaque franche à laquelle répondit dans un premier temps Laurent Pichon (Bretagne-Schuller). Les deux hommes furent bientôt rejoints par Jérémy Roy (FDJ-BigMat), qui se contenta de les accompagner afin de protéger ses deux leaders. L’échappée se lança dans une sacrée démonstration de force, due essentiellement au champion de France sortant, en creusant un écart de 15’’ avec le peloton, alors emmené par Lloyd, avant que plusieurs de ses coéquipiers d’AG2R-la Mondiale ne lui viennent en aide.
Mais un fait de course allait condamner l’échappée avec la chute dans un virage de Laurent Pichon qui entraînait avec lui Jérémy Roy, ce dernier ne tardant pas à chuter de nouveau quelques hectomètres plus loin alors qu’il avait été repris par le peloton. Seul en tête, Sylvain Chavanel entama le dernier tour avec 11’’ d’avance sur le peloton, trop peu pour espérer terminer en solitaire. Le coureur poitevin se releva finalement et c’est un peloton étiré emmené par les FDJ-BigMat qui s’apprêta à disputer le sprint tant attendu, malgré plusieurs tentatives dans les ultimes kilomètres, dont celle de deux coureurs de l’équipe Roubaix-Lille-Métropole.
Sans surprise, à l’issue de la ligne droite finale de 600 mètres, ce sont les coureurs de la FDJ-BigMat qui ont fait valoir leur supériorité, Nacer Bouhanni soufflant la victoire et le maillot de champion de France à son coéquipier Arnaud Démare, 2è, Adrien Petit (Cofidis), complétant le podium. Agé de 21 ans, le coureur lorrain, déjà double champion de France… militaire et de la gendarmerie, devient le plus jeune champion de France de l’après-guerre et le symbole de la jeune génération qui a pris le pouvoir sur le sprint français.
Chez AG2R-la Mondiale, les deux sprinteurs désignés n’ont pu faire mieux que 6è pour Jimmy Casper et 17è pour Sébastien Hinault. Présent dans les premières places du peloton tout au long de la course, Lloyd se releva à 1,5 km du but, une fois sa mission accomplie, afin de ne prendre aucun risque. Il termina 49è à 24’’ sous les applaudissements nourris de son club de supporters, posté à 100 mètres de la ligne depuis le petit matin. Une belle récompense l’attendait alors une fois remonté dans le bus de l’équipe AG2R-la Mondiale : une 3è participation au Tour de France !
La réaction de Lloyd après la course. « Avec Jimmy Casper et Sébastien Hinault, j’étais l’un des trois coureurs protégés de l’équipe AG2R-La Mondiale au départ de ce championnat. Mais contrairement à mes deux coéquipiers, je n’étais pas désigné pour participer à l’emballage final. Mon rôle consistait à aller à l’avant si un groupe sortait du peloton. C’est ce qui s’est passé à trois tours de l’arrivée lorsque qu’un groupe de contre est parti en chasse derrière deux coureurs échappés. Mais nous avons été repris et à deux tours de l’arrivée, je me suis mis à rouler pour favoriser les desseins de nos deux sprinteurs avant de me relever une fois mon devoir accompli car je ne voulais prendre aucun risque de chute pour ne pas compromettre une possible sélection pour le Tour de France. Courir sous la pluie toute la journée n’était pas l’idéal, mais cela s’est finalement bien passé. Au final, je n’ai aucun regret sur cette course ».