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Il y a encore de longues et belles années
Cinquième de Gand-Wevelgem fin mars, Lloyd Mondory voulait confirmer sa bonne condition sur le Tour des Flandres et Paris-Roubaix. 17e du Ronde, malchanceux sur l’Enfer du Nord, il ne remplissait pas ses objectifs. « Après Paris-Roubaix, j’étais vraiment frustré car j’avais vraiment les jambes pendant cette campagne de classiques, explique-t-il à Velochrono. La course en a décidé autrement après deux bris de vélo. Sur le Tour des Flandres, j’ai fait un résultat correct mais je n’étais pas à la hauteur de ce que je voulais faire. » Dimanche, le Tro Bro Leon correspondait à ses caractéristiques, et aurait pu lui permettre de conclure en beauté ce début de printemps, avant de prendre deux semaines de vacances jusqu’aux Quatre Jours de Dunkerque.
Lloyd a la conviction qu'il a progressé, qu'il a vraiment sa place sur ces courses-là. (…) Sauf qu’en Bretagne au Tro-Bro Léon, la malchance a encore compromis ses plans : « J’ai été un peu malade durant la semaine, j’ai eu une gastro-entérite qui m’a laissé au lit vendredi toute la journée. Ce n’était pas la préparation idéale pour le Tro-Bro Leon, même si le matin de la course, je me disais qu’un peu de fraîcheur musculaire ne pouvait pas faire de mal. Ça laisse quand même des séquelles. J’ai pris le départ en me disant que les jambes ne seraient peut-être pas aussi bonnes qu’attendu, mais que j’étais là pour me battre et ne pas baisser les bras. Je n’ai rien lâché. » Un fait de course change alors la donne.« Il y a eu une chute à cinquante kilomètres de l’arrivée, poursuit-il. J’ai été piégé dans le deuxième peloton. J’ai roulé à bloc pendant une bonne quinzaine de kilomètres. J’ai réussi à réintégrer le groupe de contre-attaque qui jouait la cinquième place. »
Mais quand le sort d’acharne : « J’ai pris un morceau de bois dans une ribine qui est allé dans ma roue avant, déplore Lloyd. J’ai chuté et je suis resté au moins cinq minutes à terre. Je n’avais pas envie d’abandonner car c’est une belle course, donc j’ai terminé loin mais j’ai terminé quand même. Il y avait encore quelque chose à faire en fin de parcours. » Résultat, il termine dans les profondeurs du classement et n’a pas d’autre choix que de passer à autre chose, avec une déception légitime. « C’est comme ça, c’est le vélo. C’était une course importante pour moi, mais bon, je reviendrais. Il y a encore de longues et belles années. » Le Charentais entend toutefois voir au-delà des résultats. « J’ai la conviction que j’ai progressé, que j’ai vraiment ma place sur ces courses-là, dit-il au sujet des Flandriennes. Ma cinquième place à Gand-Wevelgem a été une belle récompense, pour moi et toute l’équipe. Vivement l’année prochaine. »
Et le protégé de Vincent Lavenu donne des nouvelles de son coéquipier chez AG2R La Mondiale, Dimitri Champion, qui souffre d'une fracture d'une apophyse transverse de L5, la vertèbre la plus basse de la colonne vertébrale, suite à sa chute de mardi dernier sur Paris-Camembert. « Il est rentré chez lui, tranquillement, explique Lloyd. Il va rester allongé une vingtaine de jours, alité avec un corset, pour faciliter la cicatrisation de ce petit os qui tient à peu près tous les ligaments et tendons au niveau de la colonne vertébrale et du bassin. Ça m’embête vraiment pour lui car au-delà d’être un coéquipier, c’est un ami. J’aime bien ses qualités, j’aime bien le personnage, donc je suis déçu pour lui. Comme je lui ai dit, une chute, c’est toujours difficile à accepter. On est obligé de poser le vélo, de repartir de zéro. Mais souvent, c’est salutaire. On revient fort. Je n’ai pas de doutes le concernant, c’est un gars sérieux, qui sait travailler durement. Cette chute n’est pas bonne à prendre en ce moment mais peut-être qu’en juillet ou août quand il pourra reprendre, il pourra briller deux fois plus que ce qu’il aurait pu faire. »